Eh bien, demain soir, je me taperais la vraie. L’idée d’avoir Julie nue dans mon lit fit gonfler ma bite. En même temps, une pointe de nervosité me traversa l’estomac. Julie savait pas que c’était ma première fois.
J’aurais peut-être dû lui dire, mais elle avait de l’expérience et je voulais pas passer pour un con. Maintenant que le moment semblait enfin arrivé, j’allais être nerveux, avec seulement des vidéos pornos comme référence et une fille qui l’avait déjà fait. Et si je jouissais trop vite ou si je la faisais pas jouir assez vite ? Et si—
— Pourquoi tu regardes mes pieds ?
Je relevai les yeux. — Hein ?
— Tu regardes mes pieds sans arrêt. Y a un problème avec ?
— Non, ils ont l’air bien.
— Tu trouves mes pieds bien ? Elle remua les orteils. T’as un fétichisme des pieds ?
— Bien sûr que non ! Ne voulant pas me faire charrier, je changeai de sujet. — Alors, pourquoi tu fais ça ?
— Quoi ? Elle fronça les sourcils en regardant ses pieds. Le tatouage ?
— Ouais, ça, et les ongles et la bague. Tu portes presque jamais de sandales, même quand il fait chaud, alors à quoi ça sert ?
— Ça sert à ce que je sache que c’est là et que j’aime bien comment la bague est placée. Camille haussa les épaules. Je le fais pour moi, pas pour les autres.
Je lui souris. — Et le mec aux pieds ?
— J’ai pas fait le tatouage pour lui. Je l’avais juste quand je l’ai rencontré. Elle cligna de l’œil. Mais il a dit que ça faisait une sacrée cible.
— Beurk ! Je fis une grimace. Trop d’infos !
Camille gloussa. — Mais bon, c’est ce qu’il y a à l’intérieur qui compte, Lucas – pas l’extérieur.
— Je comprends pour les sentiments et tout, mais pourquoi ça compte pour le look ?
— Parce que les gens superficiels sont des gens creux. Camille tendit la main et la posa sur ma jambe. Mais toi, t’es différent. Tu t’habilles comme un connard branché, mais t’es un mec bien.
— Je m’habille pas comme—
— Conneries ! Elle désigna mes lunettes de soleil. Elles ont coûté combien, ces trucs ?
— Cent balles, mais c’est des Ray-Ban—
— Les miennes viennent du Action et elles font le job. Elle tira sur mon short. C’est quelle marque, ça ?
— C’est— Je commençai, mais elle continua.
— Et ce t-shirt Levi’s que t’utilises pour t’essuyer la gueule, il a coûté combien ? Trente balles ? Et tu le portes pour nettoyer un parc. Elle désigna son t-shirt. Ce t-shirt m’a coûté dix balles et le jean aussi, en promo. Toute ma tenue avec mes baskets coûte moins cher que ton putain de short.
— Ça se voit. Je fis une grimace.
L’expression sur le visage de Camille me dit que j’avais merdé, et elle me le fit payer rapidement. — T’aurais jamais sorti une vanne comme ça avant de sortir avec Julie.
— Oh, allez ! Je te charrie, c’est tout.
— Ah, c’est tout ? D’accord, alors écoute celle-là. Je m’habille comme une pauvre garçonne et toi, t’es monsieur branché, le joli garçon, mais laquelle de nous deux est encore vierge ?
— C’est quoi ce délire ? Je posai le sandwich. Ça a à voir avec quoi ?
— Ben, tu me trouves si quelconque et je m’habille si mal, mais j’ai eu quelques mecs qui avaient aucun problème à vouloir mieux me connaître.
— Et alors ? J’ai eu des occasions, mais j’ai promis à ma mère que j’essaierais de faire les choses bien. Toi, t’as décidé d’écarter les cuisses à la première occasion.
— Tu dis que je suis une salope ?
— Bien sûr que non ! Tu sais très bien que non. Mais tu sais que c’est un sujet sensible pour moi.
— Mais t’imagines jamais que quelque chose puisse me déranger. Camille agita la main avec dégoût. T’es vraiment en train de me traiter comme un mec.
— Je… Je te traite comme une amie. Depuis quand je dois te traiter comme une fille ?
— Tu dois pas, mais t’as jamais traité une fille comme une fille, si ? Elle haussa les sourcils, comme pour me défier de la contredire.
— Je suppose que t’as raison sur ce coup-là, dis-je en haussant les épaules. Mais écoute, demande-moi encore après ce week-end ?
Les yeux de Camille se rétrécirent. — Ça veut dire quoi, ça ?
— Ça veut dire que je vais peut-être…
Mon téléphone sonna, et je ne pus m’empêcher de sourire quand Je te promets retentit. C’était Julie. Le timing ne pouvait pas être meilleur.
— Comme si elle savait pas qu’elle est belle, murmura Camille.
— Salut, chérie. Je me mordis la lèvre pour ne pas rire en voyant la tête dégoûtée de Camille.
— Salut, mon beau ! gazouilla Julie dans mon oreille. Comment ça se passe, le nettoyage du parc ?
— À moitié fait, répondis-je. On aura fini dans quelques heures.
— Waouh ! C’était rapide !
J’espérais qu’elle dirait pas ça demain soir dans mon lit, pensai-je, mais je répondis : — J’ai de l’aide.
— Super ! Plus on est de fous, plus on rit ! Je suis surprise que t’aies réussi à traîner tes potes un samedi matin.
— Ils sont pas venus. C’est Camille qui m’aide. Même en le disant, je me demandai pourquoi j’avais mentionné son nom.