Chapitre 1
Après plusieurs années dans le commerce de l'habillement, nous avons changé de vie en quittant Paris pour l'agréable station balnéaire de La Baule.
Je m'appelle Anne. J'ai quarante-six ans, un mari, trois enfants, et un salon de deux cent vingt mètres carrés face à la mer que je n'avais pas choisi.
Hervé avait toujours voulu ouvrir une boulangerie. Il avait plein d'idées, et un concept.
C'était moins évident pour moi, pourtant j'avais consenti pour le cadre de vie.
J'avais tenu une boutique de lingerie. J'adorais mon travail. Ça marchait bien. Lui, de son côté, gérait ses propres magasins. Et tout se passait bien.
À La Baule, tout a changé. Reprendre une boulangerie s'est avéré plus compliqué qu'attendu.
Il a fallu tout apprendre et partir de zéro. On n'y connaissait rien. Après quelques mois d'activité, le boulanger et son second ont démissionné à quelques jours d'intervalle. Les remplacer a été une entreprise pénible. L'apprenti n'était pas capable de tenir le poste seul avec Hervé pour toute aide. La qualité a décliné graduellement jusqu'à proposer des produits industriels.
Les retours clients étaient très durs, surtout en ligne. Une baisse de fréquentation a suivi.
Pour garder le moral, j'ai fait ce que j'ai toujours fait : m'occuper de moi. Cours de pilates, coiffeur, esthéticienne. Je ne manquais jamais un rendez-vous pour entretenir mon carré blond.
Rester séduisante et en forme me tenait à cœur. Je savais l'effet que je faisais : les clients s'attardaient devant une jolie femme. Mais ça ne faisait pas tout, je le voyais bien.
Mes grossesses m'avaient laissé des rondeurs que je ne cherchais plus à cacher, et que certains regards ne se gênaient pas pour apprécier.
Au lieu de nous unir, cette affaire a plombé notre couple. On déjeunait boulot. On dînait boulot. Il n'était satisfait de rien. Ce n'était jamais suffisant. Il fallait toujours tout changer. Il est devenu mon patron.
À la maison, au lieu de profiter d'un peu de repos, on se disputait, on se faisait la tête. Le lendemain, on reprenait nos fonctions à la boulangerie.
Ce scénario a duré un temps interminable, jusqu'à l'arrivée d'Arnaud et Vincent. Deux bons artisans, venus nous sauver du naufrage.
La nouvelle équipe était agréable et professionnelle. Arnaud, 34 ans, semblait un homme froid, mais très à l'écoute. Il est vite devenu un véritable appui. C'était un excellent boulanger.
Vincent, 54 ans, était un homme aviné, à l'haleine forte. Il lui manquait quelques dents. Ses manières désuètes versaient dans la vulgarité. Il était malgré tout un bon tourier.
Nous étions au printemps. Les pluies et le vent se raréfiaient. Toute La Baule brillait de son bleu. Les clients sont revenus, enchantés et nombreux.
Comme nous l'avions convenu au commencement, Hervé ouvrirait la boutique à 5 h et moi je fermerais. Je ne me sentais pas capable de me lever aussi tôt. Ainsi, j'avais les matinées libres, lui les après-midi.
On ne se croisait plus qu'empesés de fatigue. Il se couchait seul à 21 h. Quand je le rejoignais, il dormait.
Il s'est passé huit mois sans caresses. C'est devenu la norme. Je me suis concentrée sur la boulangerie, comme lui. J'ai appris le métier aux côtés d'Arnaud, qui trouvait une solution à tout, allégeant ma peine et mes erreurs.
Timidement, j'ai repris plaisir à venir travailler. Je me surprenais à sourire vraiment. Ça sentait le bon pain et les viennoiseries au beurre. La vitrine était bien achalandée. Ça se vendait tout seul.
Avec le temps, nous nous sommes rapprochés, Arnaud et moi. Il venait de plus en plus souvent prendre un café. On discutait. Il me faisait rire.
J'ai remarqué ses avant-bras. Blancs de farine jusqu'aux coudes. Puis son grain de beauté près de l'oreille.
Certains soirs, à table, Hervé parlait du prix de la farine. Je hochais la tête. Je relevais mes lunettes. Je pensais à des mains blanches. Je me couchais sans un mot, tout au bord du lit.
Les moments dans le bureau sont devenus ambigus. Il s'est établi une proximité mêlant gestes amicaux et œillades appuyées.
J'ai laissé faire, parce qu'il ne me déplaisait pas.
Un jour il m'a montré comment enfourner une miche avec une pelle. Il s'est mis derrière moi pour m'aider la première fois. Contre mon dos son buste, son bassin contre mes fesses, ses bras enlaçant les miens.
Un soir, j'ai fermé la porte d'entrée, il était 19 h 30. Je suis descendue dans le bureau.
J'ai fait la caisse. J'ai compté les billets deux fois, sans retenir le total.
Arnaud m'a rejointe quinze minutes plus tard pour établir les commandes.
Il m'a demandé comment j'allais.
Au lieu de répondre « bien » comme toujours, une profonde tristesse m'a accablée. Je n'ai rien répondu. Il a contourné le bureau. Ses mains se sont déposées sur mes épaules. Il m'a massée. Je n'ai pas bougé. J'ai senti la chaleur à travers mon chemisier. J'ai perçu l'odeur de sueur. J'ai pensé à Hervé. Une seconde, pas plus. Il n'avait rien à faire dans cette pièce, ce soir-là.
Je l'ai regardé, penaude. Personne n'a parlé. Je ne sais pas lequel de nous deux a bougé en premier.
Je l'ai embrassé.
On s'est embrassés. Ses mains exploraient ma poitrine avec poigne, puis, sans gêne, descendaient sous ma jupe.
J'ai saisi son dos musclé. Son odeur exaltait tous mes sens. Je ne pensais plus à rien. Il n'y avait que ses mains, et le présent.
Dès que j'ai eu son sexe tendu dans la main, ses doigts se sont déployés sur ma chatte mouillée.
Je n'avais jamais eu autant envie de goûter à quelque chose. Je le tenais ferme, je le branlais doucement. Je l'entendais grogner. J'étais tout entière saisie par l'envie d'aller plus loin.
Je me suis agenouillée pour le sucer, adossée à la chaise de bureau. J'ai sorti ma langue, les yeux enfiévrés, affamée, à ses pieds.
J'ai accueilli sa queue dans ma bouche. Gonflée, salée, musquée. Bonne. Il me remplissait.
Je l'ai pompé généreusement et léché complètement, jouant de ma langue et de mon souffle. Je recevais les va-et-vient.
Arnaud ne disait rien. Il me fixait en me fourrant son gland jusque dans la gorge, à m'étrangler, agrippant fermement mes cheveux. Je bavais. Je suffoquais. Ça tirait. Mes lunettes ont glissé de mon nez. Il y a eu comme un moment de flottement. Il s'est branlé au-dessus de moi. On se regardait.
Il a joui sur mon visage. J'ai tendu la langue. J'ai avalé ce qui coulait. Je l'ai sucé encore un peu pour finir. Son sperme dégoulinait sur mon chemisier.
Il s'est excusé en remontant son pantalon : je l'avais trop excité. J'étais rougie par la gêne.
Quand il est parti, j'ai remis mes lunettes. Je me suis assise et masturbée. J'ai joui. J'avais encore son sperme sur la gueule.
En rentrant, Hervé dormait, les enfants dans leur chambre étaient branchés à leurs écrans.
J'ai reçu un message d'Arnaud.
« C'était très bien. À demain »
Cette nuit, j'ai réveillé Hervé en le suçant. Il a débandé très vite. Il s'est rendormi.
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